Pourquoi je ne vote plus

 

Décembre 2012

Je ne vote plus depuis 15/20 ans.
J'essaie de populariser mon opinion auprès de mes amis et de mes connaissances.
Difficilement. Je suis très mal jugé.
Au mieux, on me conseille de voter blanc. Je réponds que l'importance de mes motivations rend bien dérisoire un formalisme inutile.
C'est qu'on s'est trop moqué de moi.

Les multiples raisons de ma décision peuvent être regroupées en 3 idées principales.

1) Tout d'abord, je suis profondément déçu de la politique menée en France depuis quelques décades.
Ce ne serait pas le cas si j'étais allemand voire scandinave.
En gros, on assiste chez nous à une débauche de laxisme et de protection des privilèges notamment dans le domaine économique et social.
La gauche s'emploie à toujours augmenter les avantages sociaux pour sa clientèle électorale alors que le financement n'existe pas puisque tous les comptes sont en déficit.
La droite est obsédée à vouloir faire des cadeaux fiscaux multiples aux nantis de son électorat à elle.
Alors à
l'arrivée, l'économie du pays est "plombée" et s'enfonce chaque jour davantage dans un déclin inexorable.

a) Ainsi, mon ancienne famille politique c'est à dire la gauche a trop profondément trahi la confiance que j'avais en elle. Cela a commencé avec Mitterand. Je lui reproche une moralité détestable. Après tout, la moralité, ça existe aussi.
Il était inadmissible de créer 50 postes supplémentaires de députés en été 1981 après la victoire électorale, histoire de "caser" les petits copains. Inadmissible de mentir au sujet de sa double famille, au sujet de son cancer. Inadmissible de promouvoir au rang de ministre un affairiste sans morale comme Tapie. Du coup, on peut présumer sa responsabilité dans l'affaire des jardins de l'Observatoire.
Sur le plan politique, le bouleversement économique de 1981 (des nationalisations inutiles) aboutit à l'austérité de 1983 où, entre autre, le gouvernement osa supprimer la pratique de l'échelle mobile des salaires par rapport au prix, notamment pour les fonctionnaires (dont j'étais), ce qui entraina et entraine encore aujourd'hui une paupérisation constante du salariat public.
Ensuite, ce fut Jospin/Aubry qui firent voter la loi détestable des 35 heures. La France est malheureusement le seul pays du monde à adopter une loi pareille. On est sans doute plus intelligent que les autres!!!! Ou plus paresseux. Or, cela plombe notre économie. La législation était faite pour résorber le chômage. Ce dernier est pourtant au même niveau qu'auparavant et même supérieur à celui de pays ayant une durée hebdomadaire de 40 heures.
Je vous pose une question. Vous êtes investisseur (étranger ou français), vous allez installer votre usine en France où l'on travaille 35 heures ou ailleurs en Europe où l'on travaille 40 heures ? Quelle est votre réponse ?
Alors, depuis Jospin, au Journal Télévisé, à longueur d'année, on subit la triste litanie des fermetures d'entreprises et la confirmation du continuel déclin industriel français. Un désastre. Et le dit Jospin qui n'est pas au chômage, lui, mène une belle vie avec ses retraites de haut fonctionnaire, de premier ministre ...etc. Il est même très content de lui.

b) Malheureusement, la droite n'a rien fait pour racheter les erreurs de la gauche.
Incapable de supprimer la loi des 35 heures. Incapable d'équilibrer les comptes. Elle n'a cessé de faire empirer la situation.
Sous Chirac, on a subi un immobilisme fatal.
Sous Sarkozy, ce fut une agitation fébrile. On s'employa à détaxer les nantis du Fouquet's et les autres, et à aggraver les déficits de toutes sortes.

2) Ma deuxième raison fondamentale est justement le catastrophique état des déficits de toutes sortes que les gouvernements successifs ont favorisés.
En 2005, de façon prémonitoire, j'écrivais dans mon site un texte appelé "La France , championne du Monde des déficits". Vous pouvez le consulter. . Merci.
Depuis, la situation n'a fait que se dégrader.
Le pire s'est passé sous Sarkozy. Le déficit budgétaire est monté jusqu'à 30%. (c'est à dire des dépenses supérieure de 30% aux recettes). La Dette Publique a augmenté de 1.000 à 1.800 milliards en 5 ans. De quoi aliéner notre indépendance et nous mettre entre les mains des prédateurs de la Finance.
Le dit Sarkozy n'en avait cure qui s'occupait du bouclier Fiscal et des détaxations en tout genre du Capital.
François Hollande avait bien promis un déficit du budget nul en fin de mandat et une réduction de la Dette. Pas de chance, le déficit est toujours au dessus de 3% et la dette a continué à grimper tout près des 2.000 milliards.

3)La troisième raison est l'état d'extrême gabégie de la structure des pouvoirs (Etat, Collectivités Locales ...etc). Cette structure semble faite pour l'intérêt financier et de pouvoir des élus. Plus que pour la défense de l'Intérêt Général.
Nous le démontrerons en un listage de ce que nous appellerons gentiment des anomalies.

a)
Une première anomalie est le nombre excessif des communes. Près de 35.000, je crois. Cette organisation ancestrale date du temps de la ruralité du pays et du défaut de moyens de transport et de communication. Les temps ont changé. Il faudrait donc réformer. Il faudrait diviser ce nombre par 2 sinon par 3. Se rapprocher ainsi des autres pays. Quelle économie!

b)Une seconde anomalie est le nombre excessif de paliers : Commune, Département, Région, Etat, Europe. Chacun bien sûr ne manque pas de nous ponctionner fiscalement. Il faudrait bien sûr en supprimer certains.

c)Une troisième anomalie est le scandaleux cumul des mandats. Il faudrait bien sûr le limiter dans l'espace et ....même dans le temps. Le mandat politique est devenu une profession très rentable. Bon, passons.

d) Une quatrième anomalie est le développement de structures intermédiaires qui ajoutent donc de nouveaux niveaux quasiment cachés mais qui n'oublient pas par contre de nous prélever un impôt supplémentaire : Par exemple le syndicat de communes ou bien l'Intercommunauté (2 entités ....différentes et ....2 impôts supplémentaires).
Il est évident que s'il y avait la moitié moins de communes, il y aurait la moitié moins (d'ailleurs beaucoup moins encore) de syndicats de communes et d'intercommunautés. Une double économie.
Alors pourquoi ce développement métastasique? Bien sûr pour assurer certaines gestions nécessaires. Mais beaucoup pour satisfaire les pouvoirs et les rémunérations des élus.
Toutes ces Structures, ces Commissions, ces Conseils ...etc fournissent des allocations, des prébendes, des salaires, des indemnités multiples, des jetons de présence, des secrétariats à leurs bénéficiaires. C'est nous qui payons. C'est moi qui paie. Ce sont tous ces élus trop nombreux qui encaissent. On comprend qu'ils se disputent les sinécures avec acharnement. Un exemple: Dans ma ville à Toulon, sauf erreur, il y a 20 ans, il avait 5 ou 6     adjoints au maire. Avec ....l'indemnité qui va avec. En 2016, il y en a ....22.
Et bien moi, je ne veux plus voter pour ces Messieurs.

e) Autre abjection. Le nombre des fonctionnaires a augmenté de 1 million en 10 ans dans les Collectivités Territoriales.


f) Autre anomalie
est l'exagération des rétributions des élus. je citerai 2 exemples.
Le député français perçoit 3 sortes de rétributions (pourquoi autant? Ah oui, parce que c'est lui (avec ses collègues) qui a le pouvoir d'en décider: Une indemnité mensuelle assortie de compléments de salaires (7.100 €), une indemnité mensuelle représentative de frais (6.400 €)(sans contrôle aucun), un crédit mensuel de 9.100 € pour rémunération de collaborateurs (souvent l'épouse, le fils, le cousin), plus des avantages divers de tous ordres.
Deuxième exemple, le parlementaire européen : Il touche 7.990 € de traitement mensuel plus 4.300 € d'indemnité de frais généraux. Le plus cocasse sinon le plus scandaleux est que pour juguler un grand absentéisme, on a inventé .......de lui donner une indemnité journalière de 304 € pour sa .......présence à la réunion d'un organe quelconque du Parlement. (On aurait évidemment du lui enlever 304€ ......pour son absence)

g) Une sixième anomalie est le trop grand nombre d'élus (députés, sénateurs ....et).

h) Il y en a d'autres.