Réveillon et cigales vers 1980.


Au Nouvel An vers 1980, nous nous réunissons dans une bande d'amis et décidons d'organiser un réveillon chez l'un d'entre nous avec participation de tous.
C'est notre ami Jean Pierre B. qui nous accueillera dans sa belle villa de Valbourdin et son grand jardin planté de pins d'Alep.
Jean Pierre, je l'ai connu à la Goélette, Port de Plaisance, où il avait organisé un collectif de propriétaires chargé des négociations juridiques et commerciales pour l'agrandissement de nos appartements par l'intégration de petits balcons à la pièce principale. Du coup, mon appartement avait gagné pas loin de 10 m2 de surface. Merci J.P.
Ensuite, je l'avais retrouvé au club de tennis de l'Oustalet.
C'était enfin un collègue, professeur d'EPS dans un collège de la ville.
Il était ancien joueur professionnel de football et frère du fameux propriétaire du restaurant "Hostellerie Bérard de la Cadière d'Azur", une étoile au Michelin, dans un magnifique site.

Le réveillon arrive.
Magnifique soirée très réussie. Excellente ambiance. Succès total. Remerci Jean Pierre.

Anecdoctiquement, j'éprouve tout de même une petite réticence.
Voilà que dans la grande salle de séjour, notre hôte a accroché au mur, avec une épingle, comme un trophée, une dizaine de cigales. L'horreur pour moi.
Comment peut-on avoir l'idée de tuer ces pauvres bêtes et les épingler de la sorte. Quel sadisme que de trucider de si beaux insectes pour une fade décoration d'un mur de villa.
Je pense beaucoup de mal de cette initiative.

Et bien 20 ans après, je fais mon méa culpa. Je confesse ma faute. Toutes mes excuses à J.P.
Depuis longtemps, j'ai quitté La Goélette pour ma nouvelle maison: Les Palmiers à la Serinette.
Je possède un grand terrain avec des pins et une riche flore et faune méditerranéenne.
L'été, je suis envahi par des armées de cigales qui nous régalent de leurs crissements et de leurs lourds envols dans tout le jardin.
J'apprends alors que les cigales ont une vie semble-il assez courte et meurent assez vite. Effectivement, on en retrouve les cadavres partout, sur le gravier des restanques, noyés dans le goulotte de la piscine, dans les arbres, sur la table de la terrasse ...etc. Pour un peu dans nos assiettes.
Pas la peine de les tuer pour s'en approprier le trophée. Il suffit de se baisser et de les ramasser par terre.
C'est alors un magnifique insecte dont on peut se rappeler, parce que tout le monde l'a oublié, qu'elles furent l'objet d'une grande mode dans les années 1900. On en avait alors fabriqué en multitude, en métal, en plastique, en écaille.......etc, des reproductions/bijoux que les dames portaient sur leur corsage. On les retrouve aujourd'hui chez les brocanteurs.

Et bien , Jean Pierre (que j'ai perdu de vue depuis très longtemps) n'avait pas tué les belles cigales. Il les avait seulement ramassées et innocemment épinglées au mur. Vraiment, toutes mes excuses.